Fiche calculée
Fractionné court
Le fractionné court enchaîne des efforts de trente secondes à une minute, très rapides, qui élèvent la vitesse maximale aérobie et facilitent toutes les autres allures. La règle : partir assez vite pour tenir la dernière répétition à l'allure de la première.
La même séance, trois niveaux
Débutant (VMA 12)
- 15 min d'échauffement, puis 4 lignes droites accélérées
- 2 séries de 9 × 30 s à 12,3 km/h, soit environ 100 m par répétition, récupération 30 s en trottinant et 3 min entre les séries
- 10 min de retour au calme
Intermédiaire (VMA 15)
- 15 min d'échauffement, puis 4 lignes droites accélérées
- 2 séries de 9 × 30 s à 15,4 km/h, soit environ 130 m par répétition, récupération 30 s en trottinant et 3 min entre les séries
- 10 min de retour au calme
Confirmé (VMA 17,5)
- 15 min d'échauffement, puis 4 lignes droites accélérées
- 2 séries de 9 × 30 s à 17,9 km/h, soit environ 150 m par répétition, récupération 30 s en trottinant et 3 min entre les séries
- 10 min de retour au calme
Partir à la bonne vitesse, pas plus
Le piège classique du fractionné court, c'est de partir sur la première répétition comme si elle allait décider de toute la séance. Sur l'exemple affiché pour un coureur intermédiaire, la vitesse cible est 15,4 km/h, soit environ 130 mètres parcourus en trente secondes. Ce chiffre n'est pas une suggestion : c'est la vitesse que vous devez tenir sur la première comme sur la dernière répétition. Un coureur qui s'emballe dès la deuxième ligne droite paie l'addition à la septième ou huitième répétition de la série, quand les jambes se remplissent d'acide et que la foulée se raccourcit malgré l'envie d'accélérer.
La séance commence par quinze minutes d'échauffement, complétées par quatre lignes droites accélérées qui réveillent les fibres rapides sans les épuiser. C'est cette montée en régime progressive qui permet d'attaquer la première répétition à pleine vitesse sans à-coup, sur des jambes déjà chaudes mais pas encore fatiguées.
Respecter la récupération, même si elle paraît courte
Trente secondes de trot entre chaque répétition, trois minutes entre les deux séries de neuf : ces temps de récupération font partie intégrante de la séance, au même titre que les efforts eux-mêmes. Ils ne sont pas là pour souffler confortablement, mais pour repartir juste assez récupéré pour reproduire la même vitesse. Raccourcir la récupération ne rend pas la séance plus efficace, elle la rend juste ratée : la vitesse s'effondre dès le milieu de la série et le travail sur la vitesse maximale aérobie n'a plus lieu.
- Pendant l'effort : parler est impossible, même un mot.
- Pendant la récupération : le souffle redescend, sans jamais retomber à l'allure de footing lent.
- En fin de série : la dernière répétition ressemble à la première, ni plus lente ni forcée.
Quand la placer dans la semaine
Cette séance demande des jambes fraîches et une attention totale, ce qui exclut de la coller au lendemain d'une sortie longue ou d'un travail de côtes. Elle trouve naturellement sa place en milieu de semaine, à distance des deux autres séances clés, avec au moins une journée de récupération avant et après. Les dix minutes de retour au calme qui referment la séance ne sont pas facultatives : elles évacuent une partie des déchets métaboliques accumulés et préparent la reprise de l'entraînement le lendemain.
S'adapter quand le terrain ou la forme ne suivent pas
Sur un revêtement irrégulier, en forêt ou sur un trottoir encombré, mieux vaut raisonner en temps qu'en distance repère : les trente secondes d'effort priment sur les cent trente mètres, qui ne valent que sur un terrain plat et dégagé. Un jour de fatigue inhabituelle, de vent de face ou de chaleur, la bonne décision n'est pas de forcer sur la vitesse annoncée mais de réduire le nombre de répétitions tout en gardant l'intensité intacte : mieux vaut interrompre la série un peu plus tôt, à la vitesse juste, que boucler les deux séries de neuf en traînant les jambes sur les dernières longueurs. C'est justement ce ressenti, la capacité à reproduire la même vitesse du début à la fin, qui indique si la séance a été réussie, bien plus que le nombre de répétitions cochées sur le papier.
100 à 105 % de la VMA · VMA
Questions fréquentes
Faut-il toujours viser exactement 15,4 km/h sur cette séance ?
Cette vitesse correspond à l'exemple donné pour un profil intermédiaire ; elle n'a de sens que rapportée à votre propre vitesse maximale aérobie du moment. Le repère qui compte reste le ressenti : un effort où parler est impossible, mais où la dernière répétition égale la première en vitesse. Si ce n'est pas le cas, l'allure de départ était trop ambitieuse pour la séance du jour.
Que faire si je n'arrive pas à tenir les deux séries de neuf répétitions ?
Rien n'oblige à cocher les dix-huit répétitions prévues. Mieux vaut réduire le nombre de répétitions dans la seconde série tout en gardant la vitesse cible intacte, plutôt que terminer la série en traînant les jambes à une allure plus lente. La qualité de chaque répétition prime toujours sur le total affiché sur le papier.
Peut-on remplacer les lignes droites par un autre terrain si je n'ai pas de piste ?
Oui, un trottoir dégagé, une route peu fréquentée ou un chemin plat conviennent, à condition de raisonner en temps d'effort plutôt qu'en distance : les trente secondes priment sur les cent trente mètres, qui ne valent que sur un revêtement plat et rapide. Ralentissez la récupération si le terrain oblige à freiner ou à changer de direction.